conformisme

Extraits étiquetés avec : conformisme

  • Conformisme et non-vie

    [Q]ue cet arrimage à l'« Être » ou « Dieu », fondant la vérité, soit enfin défait ? Que cet ordre métaphysique soit rompu, comme l'a voulu la modernité, que notre vie ne trouve plus de socle sur lequel prendre appui pour y fixer une adéquation, s'y conformer et s'y conforter, que devient la vie, que devient donc « la vraie vie » ? Ou bien en quoi la « vie » a-t-elle encore à voir avec la « vérité » ?

    Car la vie, sinon, peut-elle avoir conformité avec elle-même ? Peut-il y avoir une conformité de la vie à la vie ? Dès lors que cela n'a pas de sens, la vie, savons-nous, ne cessant d'avoir au contraire à dé-coïncider d'avec la vie pour se promouvoir en vie, ce n'est plus que du social, et de ce qu'il établit conventionnellement de morale, que peut venir la conformité selon laquelle modeler la vie.

    De là que la conformité d'antan, onto-théologique, qui prétendait « sauver » la vie, ne peut plus que laisser la place aujourd'hui, en perdant le support de sa transcendance, au conformisme d'une normalité et d'une moralité factice, médiatique et grégaire, corrompant la vie du sein d'elle-même et la réduisant à la pseudo-vie.

    Au point que la défection et la désertion de la vie ne cesse non plus seulement de miner, mais de mimer la vie, au-dedans même de la vie, y générant, sans plus de bornes, la non-vie.

    Couverture de De la vraie vie
    page(s) 48-49
  • Tout devient inouï

    [Q]uand Einstein écrit : « Il n'y a que deux façons de vivre sa vie ; penser que rien n'est un miracle ou penser que tout est un miracle », il range d'un même côté le « sans miracle », la conformité, la rationalité déclarée, quand la raison se confine dans sa légalité, que tout s'emboîte et trouve son adéquation qui n'est toujours, en fait, qu'une adaptation ; de l'autre, la percée héroïque hors de la conformité rassurante, de la normalité qui sécurise, où tout dès lors – mais sans qu'il s'y mêle un tant soit peu d'irrationalité paresseuse – devient inouï.

    Couverture de De la vraie vie
  • Saṃsāra

    Pendant des années, sans nobles aspirations, sans grandeur, il s'était contenté de mesquins plaisirs, et encore ceux-ci ne lui avaient-ils pas suffi ! Sans s'en rendre compte lui-même, il s'était efforcé, pendant tout ce temps, de réaliser son désir, d'être un homme comme les autres, ces grands enfants ! et il n'avait réussi qu'à rendre son existence plus misérable et plus vide que la leur, parce que leurs buts n'étaient pas les siens, pas plus que leurs soucis.

    Tout ce monde composé d'individus à la Kamaswami n'avait guère été pour lui qu'un spectacle, une sorte de danse que l'on regarde de loin, une comédie.

    Seule Kamala avait trouvé grâce à ses yeux ; elle seule lui avait été chère, mais l'était-elle encore ? Avait-il encore besoin d'elle ? ou elle de lui ? Ne se livraient-ils pas tous deux à un jeu sans fin ? Était-il vraiment nécessaire de vivre pour cela ? Non, cela n'en valait pas la peine ! C'était là un jeu d'enfants, cela s'appelait saṃsāra ; on avait du plaisir à y jouer une fois, deux fois, dix fois même — mais le recommencer toujours, toujours ?…

    Couverture de Siddhartha
    page(s) 110-111
  • La névrose bouddhique

    On pourrait définir [la] névrose [bouddhique] comme le moment où la règle supplante l'essence ou comme le moment où les formes prennent plus d'importance que la substance. C'est le risque qu'encourt tout mouvement religieux et il est intéressant de noter que les mystiques de toutes les religions sont avant tout des iconoclastes, bien souvent détruits par le courant mortel que peut porter toute tradition. La question essentielle est que le mystique refuse ce qui peut entraver son magnifique vagabondage.

    Couverture de Chan & zen
    page(s) 37
  • Liberté & discipline

    [I]l faut qu'existe [la] liberté, non pas à la fin de l'enquête, mais dès le premier pas. Faute d'être libre, on ne peut explorer, examiner, sonder. Pour qu'il y ait pénétration profonde, il faut qu'il y ait non seulement liberté, mais aussi la discipline nécessaire à toute observation ; la liberté et la discipline vont de pair (mais il ne faut pas se discipliner dans le but d'être libre). […]

    Apprendre et être libre vont de pair, la liberté entraînant sa propre discipline, une discipline qui n'est pas imposée par l'esprit dans le but d'obtenir un certain résultat. Voilà deux choses qui sont essentielles : la liberté et l'action d'apprendre. On ne peut apprendre à se connaître, à moins d'être sans entraves, […]

    Une telle observation, une telle perception, une telle vision entraînent leur propre discipline, leur propre façon d'apprendre ; il ne s'y trouve aucun conformisme, aucune imitation, aucune suppression, aucun contrôle d'aucune sorte. En cela réside une grande beauté.

    Couverture de Le vol de l’aigle
    page(s) 13
  • Une action qui ne soit pas mécanique

    Il existe une action qui n'est pas mécanique mais il vous faut la découvrir. On ne peut pas vous dire ce qu'elle est, on ne peut pas vous l'enseigner, vous ne pouvez pas l'apprendre d'après des exemples car, à ce moment, cela devient de l'imitation et du conformisme. Vous avez alors complètement perdu la liberté et il n'y a pas de bonté.

    Couverture de Apprendre est l’essence de la vie
    page(s) 28
  • La bonté fleurit dans la liberté

    La bonté ne peut fleurir que dans la liberté. La persuasion n'est pas un terrain où elle peut croître, pas plus d'ailleurs que la contrainte. Elle n'est pas non plus le fruit de la récompense. Elle n'apparaît pas tant qu'il y a la moindre trace d'imitation ou de conformisme et elle ne peut exister quand il y a la peur. La bonté se révèle dans le comportement et ce comportement émane de la sensibilité. Cette bonté s'exprime dans les actes.

    Couverture de Apprendre est l’essence de la vie
    page(s) 26
  • Deuxième naissance à un univers agrandi

    Ce sont les rites qui permettent d'intégrer la nature, la mort et le sacré et de ne pas rester dans la dépendance des seuls liens familiaux et sociaux. Quand seule la dimension d'actualité est prise en compte, les jeunes restent englués dans la dépendance familiale, la convention sociale. La « rampe de lancement » qu'est l'initiation s'est trouvée supprimée. La deuxième naissance à un univers agrandi est comme éradiquée du projet collectif.

    Couverture de N’oublie pas les chevaux écumants du passé
    page(s) 35-36
  • Le conformisme versus la transmission

    Le conformisme pousse à désirer des choses qui ne sont le moins du monde désirables, à se laisser étriper, dévaliser pour la possession de biens qui se délitent dès que nous les possédons. Le conformisme nous pousse à faire la sourde oreille aux vraies aspirations de justice, de justesse, d'audace, de solidarité et d'inventivité ; il mène à une torpeur mortelle.

    La transmission, elle, consiste dans la révélation de la force de l'esprit : l'homme est en mesure de penser ce qui n'est pas.

    Couverture de N’oublie pas les chevaux écumants du passé
    page(s) 24