Extraits étiquetés avec : enfance

  • La charrette qui vient du fond de ton enfance

    La charrette qui vient du fond de ton enfance
    Comment peut-elle encor gémir en avançant,
    Elle qui dort si mal au creux de la mémoire
    Ne devrait pas ainsi affronter le présent.
    Mais tourne-toi plutôt vers cette grande glace,
    Affronte ce visage issu de maintenant,
    Ou bien combien de fois faudra-t-il te redire
    Que le reste n'est plus que mort et souvenir,
    Et que, seul, ton regard qui ne peut se rider
    Sait venir de très loin pour aboutir si près
    Qu'il te donne le vertige des précipices,
    Et tu baisses les yeux par crainte de tomber.

    Couverture de La fable du monde
    page(s) 103
  • Tout entier abandonné à la joie

    Siddhartha passerait, comme passent toutes choses. Mais pour l'instant il se sentait plein de jeunesse et, comme un enfant, il s'abandonnait tout entier à la joie.

    Couverture de Siddhartha
    page(s) 131-132
  • Vivre dans l’absence de soi-même

    [Ryokan] se préservera […] de lui-même, en conservant sa fraîcheur originelle. Pour lui, il n'y aura pas de remède au malheur de l'homme, hormis celui de continuer à vivre dans l'absence de soi-même.

    Couverture de Ryokan, moine du ciel
    page(s) 12
  • L’espace originel paradisier

    Le cristal de l'enfance prend sa source dans l'émerveillement.

    Pour l'enfant, chaque instant s'ouvre neuf, clair, creusé de l'intérieur.

    C'est l’espace originel paradisier…

    Puis cet espace vertical de l'enfance fait place à l'horizontalité, à l'écoulement, au temps, aux bornes, aux limites, et avec les bornes et les limites, la mort apparaît.

    D'un côté, l'instant toujours neuf de l'émerveillement, de l'autre l'habitude et la mort.

    Couverture de Petit manuel de l'émerveillement
    page(s) 52
  • Couper avec l’ambition

    [C]oupant la relation avec l’ambition, la relation qui consiste à être « tendu vers », on se [trouve] revenir au passé. En plus, l'enfance n'a pas cette tendance à l'effort continu, à la vigilance en vue de buts invariables. On l'apprend. Petit à petit, on y est formé. Cela tombant d'un coup, on se retrouve au niveau de son enfance. La plupart, en effet, leur ambition et l'appel à compétition disparus, reviennent aussitôt à l'enfance à laquelle ils n'ont cessé de rêver, leur habitat, le seul état où ils furent vivants et qu'ils ont quitté malgré eux.

    Couverture de Connaissance par les gouffres
    page(s) 61
  • Besoin de toucher un sentiment de bien-être profond

    Les enfants se sentent si souvent démunis face à l'attitude totalement matérialiste de leurs parents. Les parents étant incapables de transmettre à leurs enfants les valeurs de leur héritage spirituel, les enfants essaient de combler ce manque en prenant des drogues. La drogue semble être la seule solution quand les enseignants et les parents n'ont plus aucune spiritualité. Les jeunes ont besoin de toucher les sentiments de bien-être profond qui sont en eux sans avoir besoin de prendre des drogues, et c'est la tâche des éducateurs de les aider à trouver une nourriture et un bien-être spirituels.

    Couverture de Changer l’avenir
    page(s) 104-105
  • Accueillir pleinement le sensoriel

    Comme chacun sait, l'enfant vit plus que l'adulte dans le domaine sensoriel. Mais on n'attache pas assez d'importance à son influence persistante sur l'inconscient. Sa valeur, chez l'enfant, est liée à un attrait inexplicable, souvent mêlé à quelque chose d'inquiétant. C'est le cas par exemple de ce que les adultes appellent une odeur pestilentielle.

    Avec la progression du rationnel, l'acuité et la précision avec lesquelles il fixe le vécu, le côté qualitatif de celui-ci s'éloigne, change, rétrécit, au profit de faits objectifs. Ainsi se perd, pour ce vécu et pour l'immédiatement tangible, la qualité particulière qui les englobe. Pourtant, le domaine qualitatif possède, si nous y sommes sensibles, une dimension d'ampleur et de profondeur qui élargit la conscience et attire l'homme enfermé dans les concepts. S'il sait leur accorder son attention, elles le libèrent et le protègent.

    Toute qualité sensorielle pleinement accueillie, lorsqu'on s'y attarde dans l'attitude juste, a quelque chose de numineux[.]

    Couverture de Pratique de l’expérience spirituelle
    page(s) 20
  • Le non-conditionné en soi

    Par le nom de famille, je désigne […] l'homme défini par le monde, né et élevé dans telle ou telle famille, formé et déformé par la culture dans des circonstances déterminées, soumis à telles ou telles influences, l'homme, produit d'une évolution composée de réussites et d'échecs, devenu finalement ce qu'il est aujourd'hui dans le monde.

    Par le prénom au contraire, j'entends le non-conditionné en lui, ce qui depuis l'enfance et par toutes les modalités cherche à se manifester et veut toujours aller plus loin. Dans le prénom je vois aussi l'Être essentiel, c'est-à-dire la manière individuelle par laquelle la Vie surnaturelle «  inconditionnée » voudrait, en moi et à travers moi, s'épanouir dans le monde.

    Couverture de Pratique de l’expérience spirituelle
    page(s) 14
  • Des enfants extraordinaires, ayant de multiples dons

    C'est tout comme si nous étions des enfants extraordinaires, ayant de multiples dons, et que la société nous écrasait en voulant à tout prix nous rendre normaux. Chaque fois que nous montrerions des marques de notre génie, nos parents en seraient gênés et tenteraient de nous rabattre le caquet en disant : « Charles, ne dit pas ça. Contente-toi d'être comme tout le monde. » C'est en fait ce qui nous arrive avec ou sans nos parents.

    Je ne veux surtout pas jeter tout le blâme sur les parents ; nous sommes tout autant responsables de cela. Lorsque nous voyons quelque chose d'extraordinaire, nous avons peur de le dire ; nous avons peur de nous exprimer – ou d'entrer dans de telles situations. Nous avons donc tendance à nous renfermer, à ne pas cultiver notre potentiel, nos capacités. Mais le bouddhisme nous libère de ce type de conventionnalisme.

    Couverture de Le cœur du sujet
    page(s) 26
  • Clarification, force et sérénité

    Je suis certain que Than Thuy, qui n'a pas encore quatre ans et demi, comprend ce qu'est la méditation sans avoir besoin d'explication. Le jus de pomme est devenu clair après s'être reposé un moment. De la même façon, si nous méditons un moment, nous aussi, nous deviendrons clair. Cette clarification nous rafraîchit et nous procure force et sérénité. Comme nous nous sentons rafraîchis, notre environnement se régénère par le fait même.

    Couverture de La vision profonde
    page(s) 14
  • L’amour maternel, expression archétypale de la compassion

    Selon l'historienne des religions Karen Armstrong, le mot signifiant « compassion » dans les langues sémitiques – rahamanut en hébreu et rahman en arabe  – est étymologiquement apparenté à un terme désignant l'utérus, évoquant l’amour d'une mère pour son enfant comme l'expression archétypale de notre compassion.

    Couverture de N’ayons  plus peur
    page(s) 25
  • Noblesse de chacun

    Le mot noblesse ne fait pas référence aux chevaliers du Moyen Âge ni à la cour. Il vient du mot grec gno (comme dans « gnose »), qui signifie « sagesse » ou « illumination intérieure ». En anglais, le terme nobility est défini comme une qualité humaine d'excellence [donc chevaleresque…], correspondant à ce qui est illustre, admirable, éminent, distingué, de par sa valeur, son comportement et son maintien. Comment pouvons-nous intuitivement nous relier à cette qualité présente en ceux qui nous entourent ? […] L'un des moyens consiste à faire un petit saut dans le temps, en imaginant la personne qui est en face de nous lorsqu'elle était enfant, encore jeune et innocente. […]

    Au lieu de remonter dans le passé, nous pouvons aussi nous projeter dans le futur, et visualiser la personne à la fin de sa vie, allongée sur son lit de mort, vulnérable, ouverte, n'ayant plus rien à cacher. Ou simplement la regarder comme un compagnon de route, se débattant avec son fardeau, aspirant au bonheur et à la dignité. Derrière les peurs et les besoins, l'agressivité et la peine, tout ceux que nous rencontrons sont des êtres qui comme nous ont un énorme potentiel de compréhension et de compassion, et dont la bonté est là, prête à se révéler.

    Couverture de Bouddha mode d’emploi
    page(s) 37-38
  • Le monde comme il est

    Le chemin consiste, essentiellement, à ouvrir les yeux et à voir (ou revoir) le monde comme il est, dans son enfance, sa nouveauté, son éclat.

    Couverture de Les choses comme elles sont
    page(s) 230
  • Chaque expérience est unique

    Lorsqu'un enfant s'exprime sur son expérience durant la méditation, par la parole ou le dessin, il est capital de lui laisser toute latitude pour donner son point de vue.

    Chacun doit avoir la possibilité de témoigner d'un vécu différent de celui des autres enfants ou de l'adulte, sans que son témoignage soit jugé ou comparé.

    Couverture de Méditer avec les enfants
    page(s) 31
  • La méditation ne sera ni ratée ni réussie

    Il est indispensable, avant chaque séance, de se rappeler et de rappeler aux enfants l'originalité de la méditation : la méditation ne sera ni ratée ni réussie. Pour eux comme pour nous.

    Je constate régulièrement lorsque j'anime des groupes que ce changement de perspective n'est pas intégré tout de suite, tant l'enfant est habitué à être stimulé par des défis à relever, ou à des épreuves assorties de classements et/ou de récompenses pour les plus performants, même dans les activités de loisirs.

    Pourtant cette absence d'enjeu constitue le renversement opéré par la méditation, en signifiant qu'il existe une possibilité d'être pour un moment comme on est, sans rien changer, sans qu'il manque quoi que ce soit. Cela procure un soulagement très profond.

    Mais pour l'expérimenter pleinement, il est important que nous, adultes, luttions contre notre tendance à utiliser la méditation pour que les enfants soient plus calmes ou à leur faire des reproches s'ils ne suivent pas à la lettre les consignes que nous donnons.

    Couverture de Méditer avec les enfants
    page(s) 29-30
  • Définir un cadre

    De même qu'on commence par énoncer les règles avant de débuter un jeu ou une activité, il est capital de définir un cadre, pour éviter toute surprise et pour que chacun sache ce qui l'attend. Il est nécessaire que tous les participants le comprennent et l'acceptent comme un engagement.

    Deux préalables indispensables :

    • Pour les enfants : démarche consentie

    Il est impératif de ne jamais forcer un enfant à méditer pour quelque raison que ce soit. […]

    • Pour l'adulte : pleine disponibilité

    Si vous faites partie des parents banchés quasi en permanence à votre téléphone ou à votre tablette pour recevoir des appels, mails et/ou textos, l'extinction de votre appareil est indispensable et non négociable ! […]

    [Il faut] savoir se mettre à l'écoute de la situation.

    Il peut arriver que vous compreniez que le moment que vous aviez prévu de consacrer à la méditation est finalement mal choisi [… et qu'il vous faille] reporter la séance à un moment plus propice.

    Couverture de Méditer avec les enfants
    page(s) 27-29
  • Montagnes & rivières

    « Avant d'étudier le chan durant trente années, je voyais les montagnes comme des montagnes, et les rivières comme des rivières. Quand j'en arrivai à une compréhension plus intime, j'accédai au point où l'on voit que les montagnes ne sont pas des montagnes et les rivières ne sont pas des rivières. Finalement, accédant à sa véritable substance, j'ai atteint la tranquillité. Je vois de nouveau les montagnes comme des montagnes et les rivières comme des rivières. »

    Ces paroles d'un maître de chan de la dynastie Tang, Qingyuan Weixin, tant que l'on n'en comprend pas en soi-même le sens profond, peuvent paraître bien sibyllines.

    Lorsque nous sommes enfant, notre regard voit la magie du monde, mais bien vite celle-ci est oblitérée par la connaissance acquise, voile conceptuel qui vient recouvrir la vision. Le travail de l'adepte du chan est donc de se libérer de ce voile d'inconnaissance métaphysique. Ce n'est que lorsqu'il a détruit sa vision conventionnelle qu'il retrouve le monde dans sa fraîcheur originelle.

    Couverture de Le son du vent dans les pins
    page(s) 21
  • Se reconnaître pleinement vivant et complet

    Je suis convaincue qu'il n'existe qu'une seule forme d'amour : l'amour véritable, qui s'efforce de s'exprimer en nous malgré nos certitudes réductrices, nos distorsions culturelles et toutes ces habitudes fondées sur la peur, le mécontentement de soi et l'isolement que nous avons tendance à développer à mesure que nous avançons dans la vie. Chacun de nous est capable de faire l'expérience de l'amour véritable. À partir du moment où nous l'abordons avec cette ouverture, il devient possible de trouver l'amour dans les moments de rencontre les plus banals : avec le caissier du supermarché, un enfant, un animal domestique, la nature en forêt – et à l'intérieur de nous.

    L'amour véritable apparaît quand on se reconnaît pleinement vivant et complet en dépit de ses blessures, de ses craintes ou de sa solitude. C'est un état dans lequel on s'autorise à être vu en pleine lumière par soi-même et par les autres tout en offrant l'éclat de son propre regard au monde environnant. C'est un amour qui guérit.

    Couverture de Comment s’ouvrir à l’amour véritable
    page(s) 15-16
  • Comme si nous possédions une identité séparée

    Nous partons du flux continu de nos expériences, de nos pensées, de nos sentiments et de nos émotions, ce qui représente un héritage fondamental en Occident. Mais, dans ce contexte, le point de focalisation porte sur un type spécifique de phénomène : le fait de se reposer sans examen sur quelque forme d'identité personnelle ou de « soi ».

    Il ne s'agit pas nécessairement d'une notion explicite. Elle est implicite, et nous la partageons avec les jeunes enfants et les animaux. On applique une réduction dans le dessein d'examiner ses dimensions constitutives. L'enjeu consiste à prendre en considération les diverses manières selon lesquelles nous agissons comme si nous possédions une identité séparée ou substantielle, un soi à protéger, à promouvoir ou à conserver, un soi entendu comme une unité psychophysique inséparable. […]

    [C]e sont nos schémas habituels qui nous conduisent à agir comme si nous possédions un soi substantiel, et à lui attribuer, à lui et à notre monde, des qualités qui sont le fait d'une attitude qui ne s'est pas examinée elle-même. Or ces schémas ne résistent pas à une analyse approfondie.

    Couverture de Le cercle créateur
    page(s) 387-389
  • Un petit enfant qui dort

    [L]’image d'un petit enfant qui dort est l'une des images universelles de la douceur, comme si alors l'aura d'innocence et l'infini même du corps, de la peau, la confiance et l'abandon total dont fait preuve ce corps nous renvoyaient à cet abandon premier d'où nous venons.

    Couverture de Puissance de la douceur
    page(s) 134